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⭐⭐⭐⭐⭐ « Je n’ai pas vu passer les 1200 pages. Excellent moment en compagnie de Jessica et Tomasi. »

kruger le chat


Résumé:


Brillante scientifique, Jessica n'a qu'un but: ne plus jamais dépendre d’un homme. Un chat, du chocolat et un Star Wars suffisent pour rendre une femme heureuse. Sa théorie tient la route jusqu’à ce que sa startup se retrouve en faillite…


Son seul espoir ? Un ancien camarade de lycée, Tomasi. Le geek de la classe a fait fortune dans le jeu vidéo mais il n’a pas oublié la jolie intello qui le snobait. L’aider, oui, mais à une condition : un « petit contrat entre amis ». Sans engagement, bien sûr.


Sauf que son jeu pimenté risque de bouleverser les convictions de Jessica…


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La new romance sexy et déjantée Contrat avec un Geek est une série complète en 5 tomes. Intégrale disponible dans l'abonnement Kindle.

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Extrait croustillant:


Tomasi s’impatiente. Il rapproche son visage de celui de Jessica :

— Allez… Je veux juste quelques contreparties pour me rembourser. Tu me dois bien ça. Tu as été si méchante…


Son sourire la déstabilise. Moqueur et supérieur tout à la fois. Le regard de Jessica se bloque sur ces lèvres qui la narguent. Elle meurt d’envie de les embrasser.


Elle tente de se ressaisir :

— C’est stupide, dit-elle fermement. Contrat, cela ne veut rien dire. Il me faut des exemples précis. Je suis une scientifique.


Tomasi tend une main hésitante vers ses cheveux :

— Pour commencer, laisse-moi juste les toucher…


Elle ne peut réprimer un sourire tant l’approche est innocente. Rassurante. Tomasi glisse ses doigts dans les mèches noires où le moindre nœud a été lissé. Sensation douce et tendre.


Il s’enhardit à déposer une autre main derrière sa nuque, contact léger mais décidé qui lui fait perdre pied. Le jeune homme met sa bouche contre son oreille :

— Réponds-moi, tu décides quoi ? murmure-t-il d’une voix altérée qui la fait frémir.


⚠️ GEEK ROMANCE

Votre lecture spicy et romantique sera parsemée de références à Star Wars, le Seigneur des Anneaux et milles autres histoires…

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⭐⭐⭐⭐⭐ « Gros coup de coeur pour cette comédie romantique pas comme les autres avec ses multiples références geek. J'aime beaucoup le personnage de Jessica et suis tombée totalement amoureuse de Tomasi qui est un homme selon mon coeur. Derrière l'humour et la légèreté, il y a beaucoup d'émotions. »

Lire le premier chapitre :

Action 1 : La geek contre-attaque

kruger le chat

Jessica enfile sa blouse de chimiste par-dessus son tailleur. Elle glisse la main sous ses cheveux pour les déloger du col. Ils sont longs, ultra lisses et d’un noir de jais. La Princesse Leia  aurait rêvé d’en avoir des comme ça.


Jessica aussi…


Métisse, elle a hérité des yeux bridés, de la peau dorée et du corps fin de sa grand-mère vietnamienne. Ses iris verts, elle les tient de sa mère alsacienne. Cela s’appelle être vernie à la loterie.


Sauf au niveau des cheveux. Là, les gènes ont cafouillé. Une touffe broussailleuse d’une couleur fade lui a collé au crâne toute sa jeunesse. Ce n’est qu’à vingt-six ans, en devenant chef d’entreprise, que Jessica a décidé qu’il en allait de l’avenir de la galaxie qu’elle dissimule ce secret. Elle verse donc quatre-vingt-neuf euros par mois au coiffeur pour avoir des beaux cheveux d’asiatique.


On répète toujours aux petites filles : « il faut souffrir pour être belle ». On oublie de leur dire que la souffrance passe aussi par le portefeuille.


Jessica lève les yeux au ciel devant cette injustice. Son regard s’attarde sur le plafond et ses moulures au style haussmannien. La jeune entrepreneuse loue un espace dans un fab lab du 1er arrondissement, un quartier huppé de Paris. Le vaste rez-de-chaussée abrite des machines de toutes sortes : de l’imprimante 3D à la hotte vitrée avec gants intégrés pour manipuler des produits chimiques.


Vu l’odeur qui règne ici, certains doivent aussi disséquer des aliens. Jessica, elle, fabrique des os humains. Elle a fondé sa startup, appelée Instant Fitbones, car elle a inventé un procédé révolutionnaire pour créer des os sur mesure et…


Un jour, je serai riche…


Enfin ! Elle ne fait pas cela pour l’argent. Yoda n’approuverait pas. Non, Jessica veut juste sauver le monde comme tout chevalier Jedi qui se respecte.


— Que la Force  soit avec moi ! s’écrie-t-elle à travers l’open space.


Désert.


On est samedi matin, en plein mois de juin. Le mois le moins pire de l’année sous les tropiques parisiens. Autant dire que personne n’a envie de s’enfermer au boulot. Jessica, elle, a un travail de la plus haute importance à faire. Une expérience scientifique à haut risque.


Donner la pilule à un chat.


Jessica gravit les quatre marches de la mezzanine où se trouve la cuisine ouverte. Elle ouvre le frigo pour récupérer le matériel nécessaire à toute cette opération : un paquet de comté, le meilleur fromage qui soit. Puis elle saisit une cuillère :


— Fantôminette ! s’écrie-t-elle en tapant sur l’évier en zinc. Où tu es, ma minette ?

— Miaahh ! lui répond la chatte depuis l’intérieur d’un placard du haut.


Il était pourtant fermé. Jessica ouvre la porte laquée blanche d’une pression. Une chatte aux poils angora, blanche avec un loup noir sur les yeux, bondit de sa cachette improbable. Fantôminette est un mystère.


La bête à demi sauvage vit depuis toujours dans le quartier. Les résidents ont beau fermer à clef toutes les portes, toutes les fenêtres, la nuit, la chatte réussit toujours à entrer dans le fab lab. Et comme l’immeuble est infesté de souris, la jeune femme a eu une idée. Un chevalier Jedi se doit de défendre les faibles, à plus forte raison lorsqu’ils ont des moustaches choupinettes. Ses collègues, à 99 % des mâles vendus au côté obscur , ont fini par se rendre à sa logique scientifique. Jessica leur a proposé de faire une expérience : jeter à la poubelle toutes les cruelles tapettes et les sadiques poisons et nourrir Fantôminette pour l’attirer dans le fab lab. En lui supprimant sa gamelle une fois tous les trois jours, cela doit réveiller son instinct de chasseresse et la pousser à virer les souris !


=^-^=


Sauf que les jours où il n’y a pas de croquettes, la chatte se sert toute seule dans le placard ou dans le frigo. Comment ouvre-t-elle ? Impossible de savoir. On la retrouve aussi dans les armoires métalliques sécurisées avec un cadenas. Jessica la soupçonne d’avoir le pouvoir du transmagnétiseur  que Stark a donné au petit Spider-Man pour passer à travers les murs.


La jeune femme soupire :


— Ma minette chérie… Quand est-ce que tu vas te décider à chasser la souris ? Les serviteurs du côté obscur vont finir par te mettre à la SPA, tu sais ?


Minette lève sa plumeuse queue bien haut, se retourne avec dignité et éparpille les croquettes autour de sa gamelle.


OK, pas de bébés pour Fantôminette.


Jessica sort les pilules du tiroir. Le mode d’emploi est simple : « maintenir l’animal et lui mettre le cachet dans la gueule, puis la maintenir fermée jusqu’à déglutition. »


Celui qui a écrit ça n’a jamais vu un chat, même en peinture.


Heureusement, Jessica s’y connaît en chats :


Étape 1 : préparer la boulette piégée.


Elle coupe un morceau de fromage juste assez gros pour être avalé en une fois puis fait une incision chirurgicale pour enfoncer la pilule dedans.


Étape 2 : tenter la méthode douce (par acquit de conscience).


La jeune femme laisse tomber la boulette à côté de la gamelle, là où se trouvent le plus de croquettes. Fantôminette sniffe le comté. D’un coup de museau, elle l’envoie rouler un peu plus loin.
Prévisible. Tellement prévisible.


Étape 3 : utiliser le pouvoir de la Force.


Pas la peine de tenter d’amadouer une chatte à demi sauvage. La jeune femme s’accroupit en faisant mine de s’intéresser à sa gamelle. Tout à coup, elle plonge sur le chat qui bondit vers la gauche. Jessica avait anticipé. Elle se tord pour suivre le mouvement. Elle s’écrase les coudes et les genoux sur le sol. Elle entend le tissu de sa jupe craquer, mais dans un suprême effort, Jessica tend la main pour saisir la queue de minette.


Miaulements déchirants, coups de griffes aigus et brûlants, pleins d’un venin digne d’un croc de ver des sables . Encore heureux que Jessica porte sa blouse. La jeune femme cale le chat contre son ventre, glisse deux doigts sous ses babines puis force l’ouverture de la mâchoire. Alors qu’elle va mettre le fromage dans la gueule, celle-ci se referme hermétiquement.


Évidemment.


Étape 4 : utiliser l’autre Force et sacrifier un doigt.


Jessica n’a pas peur. À sept ans, elle affrontait déjà un fauve plus terrible encore : Gizmo , le chat de la Maison aux volets verts, Héritier légitime du quartier, Roi des premiers matous, le Protecteur du poulet rôti, le Père de tous les chatons, le Chaleesi de la grande mer d’herbes, l’Immouillé, le Briseur de vases…


Gizmo, quoi.


Malgré son entraînement de jeunesse, Jessica doit combattre la jolie minette de toutes ses forces. Entre les miaulements, les grondements, les feulements, elle comprend trop tard que des gens sont entrés.


Ils sont deux.


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Jessica en est là : assise sur le sol de la mezzanine, cuisses écartées autant que sa jupe de tailleur le lui permet. Et, face à elle, en contrebas du sol, derrière une rambarde transparente, se tiennent deux hommes, pile à la bonne hauteur pour voir sous sa jupe.
La pire chose qui puisse arriver à une femme.


Non, la pire chose qui puisse arriver à une femme, c’est qu’on voie sous sa jupe, le jour où elle a mis sa culotte porte-chance. Celle en coton rose avec les petits ewoks dessus.


Jessica resserre les jambes et se relève sans relâcher sa prise. Minette en profite pour lui labourer le bras de ses pattes arrière.
La jeune femme n’en a cure, elle entame une bataille de regards.


Le premier des deux hommes, Nicolas, est pâle, avec un front dégarni, une veste turquoise et un menton étroit. Cet homme-là n’est pas un problème. C’est le directeur technique que Jessica a embauché l’année dernière. Ce père de famille mourrait plutôt que de faire des heures supplémentaires. Le voir ici un samedi est un miracle.


L’autre, par contre, n’a rien à faire là. Alec est son principal, ou plutôt unique, investisseur. Il n’est pas censé se balader ici comme en terrain conquis. Jessica le fixe avec colère. Les mains dans les poches de son costume de luxe, Alec lui rend son regard assassin puis, d’un coup de tête L’Oréal, il rejette ses cheveux poivre et sel en arrière.


Ses yeux à peine ridés jettent des éclairs farouches et méprisants. Ses iris sont bleus comme la mer des Caraïbes où il garde son voilier, celui en arrière-plan sur sa photo Linkedin – le même que se paiera Jessica quand elle sera riche. D’un air connaisseur, Alec détaille la jeune femme de la tête aux pieds. Ce regard lui met les nerfs en pelote.


Macho, si macho…


Il la salue d’un signe de tête :


— Nick m’avait dit qu’on te trouverait là. Je veux te parler. C’est important.


Il a un accent anglophone trop marqué pour un Canadien qui vit en France depuis des années. Que du style. Alec sait que les Françaises trouvent son accent sexy. Jessica est comme toutes les Françaises.


Il est sexy, c’est un fait observable et mesurable.


Mais de là à s’imaginer coucher avec lui, autant s’avaler un œil de bœuf cru. Pourtant, Jessica n’a rien contre le sexe. C’est même recommandé pour une bonne hygiène de vie. Après tout, c’est une scientifique. Elle applique le protocole REST : Relation Éphémère Sanitaire Trimestrielle. Bref, coucher une fois tous les trois mois avec un gars rencontré dans un bar lors d’une soirée filles bien arrosée.


Oui, un coup d’un soir car, dans la vie, Jessica ne veut dépendre de personne et surtout pas d’un homme. C’est possible. Elle a étudié scientifiquement la question. Les femmes ont désespérément besoin d’un compagnon pour cinq raisons, et pour chacune d’elles, on peut trouver un substitut :


1.    L’amour : l’amour n’est qu’une illusion chimique, une sécrétion d’endorphines qui procure un shoot de bien-être – un peu comme la cocaïne. L’amour peut tout à fait être remplacé par le sport intensif associé au Nutella.


2.    Le sexe : capacité de certains hommes (pas tous) à donner du plaisir à une femme. Un sex-toy le fait très bien, si on n’oublie pas les piles. Avouons que, de temps en temps, une femme a besoin de plus. D’où le protocole REST.


3.    Le réconfort : ce sentiment de douceur que procurent les bras d’un homme quand on est triste. Se remplace par un plaid et un truc mignon à la télé, par exemple des ewoks, avec, si possible, un chat sur les genoux.


4.    La sécurité : pour la sécurité financière, on se bat pour faire carrière. Pour la sécurité physique, on prend des cours d’autodéfense. À noter que se balader aux côtés d’un homme de la catégorie crevette n’assure qu’une sécurité toute relative.


5.    L’effet bouillotte : capacité qu’ont les mâles à vous réchauffer les pieds le soir dans le lit. À croire qu’ils ont été créés pour cet unique usage. Peut se remplacer par une bouillotte, comme son nom l’indique.


Bref, avec un sex-toy, une bouillotte, un pot de Nutella, un ewok, et en option, un chat, on peut pallier tous les manques. Jessica n’a donc pas besoin d’un homme. Surtout pas d’un mâle arrogant qui joue les chefs. Que les choses soient claires. On n’est pas dans ce type d’histoire. Alec se prend pour le beau contrebandier arrogant Han Solo  mais il n’est que le vil Empereur Palpatine , tout déformé par le côté obscur de la Force. De toute façon, Jessica est loin d’être Leia. Elle est Luke Skywalker , le jeune élu qui devra sauver le monde.


— Là, je suis, répond finalement Jessica avant de se rendre compte qu’elle vient d’imiter Maître Yoda.


Un réflexe lorsqu’elle est stressée. Car voir Alec ici, un samedi, ce n’est pas de bon augure. Pour se donner du courage, Jessica resserre sa prise sur sa gentille petite chatte. La bête lui donne un coup de croc.


— Je donne la pilule à Minette, dit-elle à Nicolas qui lève les yeux au ciel.


Alec hausse un sourcil surpris :


— Minette ? La pilule ? Mais il a des…


Alec est incapable de finir sa phrase. Nicolas le fait à sa place :


— Des couilles. C’est un mâle, Jessica. Il faudrait penser à lui trouver un autre nom à ce démon.


Jessica baisse les yeux vers Minette qui gronde en la regardant avec colère, pattes écartées. En effet, Minette a des couilles.
Le monde s’effondre.


Mais en même temps, tout s’explique.


Sa belle boule de poils qui aurait dû se laisser amadouer avec le temps, son industrieuse chasseresse qui aurait dû mettre un point d’honneur à éradiquer les souris et à utiliser sa litière, sa petite chatte adorée se révèle être un psychopathe, feignant, qui pisse partout, qui bouffe tout et qui saccage tout. Pour la simple raison qu’en fait…


C’est un mâle.


Jessica relâche le monstre qui s’en va droit vers une pile de papiers pour les mettre en pièces. Nicolas soupire :


— Voilà… Encore une victime des Griffes de la nuit.


C’est ainsi que les autres résidents ont toujours appelé Fantôminette. Par un titre de film d’horreur. Celui avec ce psychopathe au visage brûlé et aux griffes en lames de rasoir qui tue les enfants dans leur sommeil :


— Freddy Krueger, marmonne Jessica.


Le monstre du pire film d'horreur de tous les temps.


Le chat relève la tête vers elle et donne un violent coup de griffes à un tas de classeurs, qui s’effondre.


— Ça a l’air de lui plaire… soupire-t-elle.
— Et moi j’ai à te parler ! tonne Alec.


Ce n’est pas un coming out félin qui le déstabilisera. Quand il a une idée en tête, le tout jeune quadra millionnaire ne l’a pas ailleurs.


— J’ai un train dans une heure, répond Jessica.


Hors de question qu’elle soit en retard. Elle doit retourner dans sa province natale pour participer à la réunion des dix ans de sa classe de terminale. C’est pourquoi elle porte sa culotte porte-chance et son costume le plus classe. Elle compte bien frimer auprès de ses anciens camarades de lycée. Eux qui se moquaient tout le temps de l’Hermione , Miss Intello, Miss Réponse à tout, Miss Tête d’ampoule, Miss « je m’assoie au premier rang et personne ne m’invite jamais en soirée ». Voilà ! Elle a les cheveux lisses, porte des costards, dirige sa propre entreprise, et bientôt…


Elle sera riche.


Oui, oui, Yoda, c’est pour sauver le monde.


Alec réplique :
— C’est toi qui réclames plus d’argent. Alors, tu vas te taire et écouter. Ou tu vas le regretter.


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Bouillonnante de rage, Jessica finit par l’entraîner en salle de réunion avec la ferme intention d’abréger la rencontre. Malgré l’air conditionné, elle peut sentir le parfum de luxe de ce @*$&€ d’Alec. Elle sent aussi venir un traquenard, mais n’arrive pas à deviner lequel. Elle plonge la main dans la poche de veste pour triturer son porte-clefs, un ewok tout pelé, le compagnon qui lui donne depuis toujours du courage.


La jeune femme attaque :


— Alec, on a obtenu la même structure qu’un os naturel, mais valider un dispositif médical, c’est un travail énorme ! J’ai besoin de temps !


Son investisseur lui sourit de ses dents blanches parfaitement alignées. Un sourire froid et carnassier :


— D’argent, tu veux dire ? Non. Je ne te donnerai plus de trésorerie pour que tu la gaspilles. Mais Nick veut investir dans ton business. C’est pour ça qu’on est là.


Alec tape sur l’épaule de Nicolas, qui semble se réveiller en sursaut, ouvrant grand ses yeux globuleux. Le directeur technique s’explique :


— J’ai perçu un héritage de ma grand-mère paternelle. Ma femme est d’accord. Plutôt que de rester salarié, à mon âge, c’est naturel que je franchisse le pas à un moment ou un autre. Comme je porte ce projet depuis le début, avec Alec, nous avons pensé qu’en toute logique…


Jessica a l’impression d’entendre discourir le droïde de protocole C-3PO . Son parler doctoral lui donne envie de découper la table à coups de sabre laser comme Kylo Ren , le fils du pilote Han Solo dans les nouveaux Star Wars. Celui-là, Jessica le déteste. Peut-être parce qu’elle lui ressemble un peu. Elle a du mal à garder son sang-froid.


La moutarde monte encore d’un cran lorsqu’elle surprend son investisseur en flagrant délit de tripotage de portable. Alec rengaine son téléphone, puis coupe court au blabla de Nicolas :


— Nick va injecter de l’argent dans ta compagnie et devenir ton partenaire. Il participera à toutes les décisions et gèrera à ta place l’opérationnel. Il va…


Prendre le contrôle de mon entreprise.


— Jamais ! s’écrie Jessica en dardant sur Alec ses yeux tout à la fois verts et bridés de métis asiatique.


Elle retourne son regard de vipère sur Nicolas et siffle entre ses dents :


— Qu’est-ce que vous complotez derrière mon dos ?


Son employé se liquéfie, car il sait très bien ce qu’ils essaient de faire. Ils veulent lui voler la majorité des actions et donc le pouvoir de décision.


Des hommes essaient de lui voler le fruit de son travail.


Jessica sent la rage s’infiltrer en elle. Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive. Lorsqu’elle était étudiante en thèse, son directeur de recherche n’a fait que mépriser ses propositions. Alors, elle a bossé sans l’aide de personne. Lorsqu’elle a publié un article dans une revue prestigieuse, son directeur lui a reproché de ne pas l’avoir cité dedans. Et lorsqu’elle a déposé un brevet, il a hurlé au scandale en réclamant la paternité de l’invention.


En bonne scientifique, Jessica en a tiré cette conclusion : « dans le monde du travail, les hommes de pouvoir vous méprisent, puis, quand vous leur prouvez que vous valez mieux qu’eux, ils vous traînent en justice pour vous voler votre brevet. »


En repensant au tribunal, Jessica se glace. Le jugement n’a pas encore été rendu. Une vive douleur lui transperce les entrailles. Ce sont encore ses symptômes psychosomatiques de stress. Elle va être malade comme un chien dans pas longtemps. La jeune femme croise les bras sur son ventre.


Elle les décroise aussitôt. C’est un geste de faiblesse.


Je suis du côté des justes, alors la Force est avec moi, se dit-elle.


Elle se lève de sa chaise, la Force palpitant autour d’elle. Elle prend une grande inspiration :


— Tu peux toujours rêver, D… !


Elle a failli dire Dark Vador . Son investisseur perd son sourire arrogant. Bien fait. On la prend toujours pour une jolie petite chatte. Mais toutes les chattes ont des griffes et Jessica, elle, possède un mode pitbull.


Alec répond de son ton incisif :


— Nicolas m’a dit la vraie raison de ce retard de six mois. Tu refuses de faire des tests sur les animaux. Comment peux-tu laisser tes sentiments prendre ce genre de décision ? Tu as gaspillé mon argent comme une gamine.


Toute trace d’accent anglophone sexy a disparu. Jessica croise les bras en une provocation muette. Alec gronde :


— De toute façon, si tu ne trouves pas de cash, à la fin du mois, ta compagnie est en déficit. Je pourrai… Notre fonds d’investissement pourra récupérer le contrôle. La première chose que je ferai… que nous ferons, c’est de te sortir du projet.


— Jamais ! s’écrie Jessica en dardant un doigt vers lui. Je vais trouver l’argent et crois-moi, Alec, tu le regretteras…


Les mâchoires d’Alec se serrent. Il se lève à son tour pour la dominer de toute sa taille. Il fait au moins une tête de plus que Jessica malgré les talons brise-cheville de la jeune femme. L’aura qui l’environne n’a rien à envier à celle du côté obscur de la Force. Jessica frémit soudain.


Nicolas allonge une main glabre entre eux. Comme si elle avait besoin d’être protégée. Jessica le renvoie dans les cordes :


— Toi, Nicolas, tu rentres chez toi. Ce qui se passe ici ne te concerne pas. Tu n’es qu’un employé et tu le resteras.


La réplique est partie, sèche, tranchante, sans que Jessica puisse la contrôler. Elle marque un instant de silence devant ce visage pâle qui devient livide.


Qu’est-ce que j’ai fait ?


C’est pourtant simple. Elle a craché son venin sur le plus faible des deux.


Yoda serait déçu de son comportement :


« De recevoir mon enseignement, digne, Jessica n’est pas. »


Ce n’est pas de la faute à Nicolas si elle n’a plus de trésorerie. Pas de sa faute à lui si l’empereur Palpatine en profite pour la prendre à la gorge. Pourtant, c’est Nicolas qui vient de se prendre toute sa colère en pleine tête. Comme il se mange son stress depuis des semaines. Sans une plainte.


Le directeur technique se lève, la tête basse et les épaules voûtées. Ses Converses roses traînent sur le sol. Il s’arrête au niveau de la porte vitrée :


— J’ai refusé des offres de grandes entreprises, Jessica, dit-il simplement avant de sortir de la salle de réunion.


Une menace larvée de démission.
D’abandon.
Angoisse.


Si Nicolas la lâche maintenant, le projet de Jessica va prendre des mois de retard. Encore. Toutes ses économies dilapidées. Ses droits au chômage épuisés jusqu’au dernier. Trois prêts pour lesquels elle s’est portée caution personnelle. Si sa startup ne décolle pas, elle ne pourra jamais rembourser. Et cet homme-là, le seul dont elle dépend pour ses expériences, le seul qui peut l’aider à gagner, va la lâcher. Elle va se retrouver seule.


Comme toujours… Au final, on se retrouve toujours seul.


Alors que la porte magnétique de l’open space claque, Jessica s’efforce de remiser ses émotions au placard, d’empêcher des larmes de monter à ses yeux.


— J’ai un train à prendre, dit-elle.


La jeune femme remballe son ordinateur portable. La voix d’Alec est dénuée d’émotion :


— C’est pour le bien du projet. Tu ne sais pas gérer une entreprise. Si tu n’es pas capable de comprendre ça…


Flambée de rage comme un brasier. Toute retenue envolée :


— Espèce de sale con ! s’écrie-t-elle.


La colère enflamme les yeux d’Alec. Alors que la jeune femme passe la porte, il retient le battant et s’écrie dans l’espace désert :


— Je te laisserai pas couler cette compagnie ! Je vais trouver un moyen de prendre le contrôle et ce sera pas la peine de pleurer pour que je te la rende !


Jessica s’éloigne sans répondre, mesurant son pas pour éviter de trébucher sur ses talons, mais aussi pour ne pas donner l’impression de fuir.


Mais elle ne peut s’empêcher de trembler. À l’instant, elle n’a qu’une envie : s’emmitoufler dans un plaid avec du Nutella, des ewoks et un chat.


Une fois dans la rue, dans le quartier pollué mais grandiose des Invalides, entre les arcades du Louvre et les dorures de l’Obélisque de la Concorde, Jessica retrouve son souffle. Elle aime ce luxueux arrondissement parisien, symbole de sa réussite.


La jeune femme va avancer, faire comme si de rien n’était. Elle va prendre le train, puis se tenir droite toute la journée en faisant face à ceux qui se moquaient d’elle au lycée. Et si on la met encore à l’écart, elle se vengera sur les saucisses. La réunion des dix ans de sa classe de terminale commence dès le midi par un barbecue. Elle en a l’eau à la bouche. Même s’il lui faudra plus qu’une saucisse pour calmer ses nerfs.


Il lui faudrait un punching-ball.



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Chani Brooks

photo de chani avec des oreilles de chat et ses livres

Chani dépoussière les codes de la romance contemporaine avec ce qu’elle connaît le mieux : la culture geek. Mangas, dramas, technos, sagas fantasy ou jeux vidéo sont les manies de ses héroïnes et de leurs princes pas toujours charmants. Elle attache une grande importance à la psychologie des personnages et elle n'a pas peur de basculer dans le côté obscur.
Elle vit près de Paris avec les pigeons, mais elle rêve d'avoir un chat. Alors, elle en met dans toutes ses histoires.

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